Sur les traces des derniers glaciers en Ubaye

A l’occasion de la fin d’année du club et dans le cadre d’un repérage en prévision de l’organisation d’une écotraversée dans la vallée de l’Ubaye, nous avons rejoins le massif du Chambeyron en compagnie de Lucas glaciologue et médiateur sur le climat.

Depuis le haut du village de Saint Paul sur Ubaye, nous avons rapidement rejoint le village de Fouillouse, petit hameau perché à 1900m d’altitude, connu comme étant le berceau de la famille de l’Abbé Pierre. La boulangerie (ce qui est rare dans ces petits hameaux) n’était pas ouverte donc Lucas avait bien fait de prendre du pain dans le Champsaur avant de venir !

Nous entamons alors notre boucle de 5 jours :

Jour 1 :

Première étape avec la montée au refuge du Chambeyron, pendant laquelle nous avons découvert nos premiers glaciers… faits de roches et de glaces ce qui permet déjà à Lucas de bien introduire le sujet. Premier bivouac, il a fallu donc comprendre comment monter les tentes (avec 2 bâtons !) et bien les tendre. Un bon repas végétarien avec soupe et dal de riz lentilles légumes.

Jour 2 :
La nuit a été fraiche à 2600m pour un mois d’août.

Nous démarrons la journée par une bonne ascension, l’occasion de laisser les sacs peu après le refuge, direction la pointe de Chavet à 3300m d’altitude, point culminant de notre périple, pour y jeter un œil au glacier de Chauvet et son petit lac glaciaire en contrebas, après avoir gravi un joli tas de cailloux. De là haut, nous apercevons d’autres glaciers rocheux, en particulier celui au pied de la face nord du Chambeyron.

Après une rapide redescente, nous poursuivons en remontant le plateau des lacs, avec une bonne pause et sieste en rive d’un lac dominé par une belle moraine de glacier. Nous arrivons ensuite au plus grand lac, les 9 couleurs (pas évidentes à distinguer ça doit dépendre des jours ! ). Alors que nous sommes au col de la Gypière (2900m) et que nous approchons de notre point de bivouac pour la nuit, la proposition de gravir un second sommet, la Tête de la Fréma cette fois à 3150m convaint la moitié du groupe tandis que le restant de la troupe par en éclaireur. Encore une belle vue, d’où l’on voit le col du lendemain qui semble de loin assez infranchissable…

Tous arrivés au refuge bivouac de Barenghi, côté italien, hé oui, nous avons franchi une frontière en pleine crise sanitaire… on ne peut que constater que le nombre de bivouacqueurs (principalement des italiens) est déjà bien supérieur à la capacité modeste de cette cabane de tôle pourtant bien aménagée… et il semble compliqué de vouloir pousser les murs (se serrer) en cette période de pandémie. L’option nuit sous tente est donc de mise, mais le vent n’est pas en reste et difficile de trouver un coin plat qui soit un peu abrité donc le montage des tentes sur un sol caillouteux s’avère particulièrement périlleux… Pour l’eau, point de source ni de rivière, il faut donc prélever dans le lac.

La soirée se poursuit avec le repas, soupe polenta fromage au menu, pris au mieux dans des conditions climatiques qui nous laissent presque regretter les fortes canicules estivales de la cuvette grenobloise.

Jour 3 :

La nuit n’a pas toujours été très reposante car le vent n’a pas cessé… mais une belle journée s’annonce avec un certain nombre de cols à passer. Une première pause s’impose vite car le guide a oublié ses sandales au bivouac…

Les cols suivants sont quelque peu accidentés et demandent d’y aller avec prudence. Nous approchons de ce fameux col qui paraissait hier infranchissable, mais il est finalement beaucoup plus facile à remonter et le groupe décide donc de le rejoindre pour la pause repas. Le dernier col de la journée, le col de Marinet, est en vue et bientôt nous profitons de la fraicheur du lac pour une petite baignade (l’occasion aussi d’une petite toilette étant donné que la douche n’est pas prévu au bivouac) et faire bronzette au soleil sans oublier la 3ème sieste du jour 🙂

Nous arrivons au refuge bivouac du Marinet, cabane bien restaurée. Cette fois pas grand monde et certains profiteront donc d’une nuit reposante en cabane tandis que les plus téméraires restent dehors… alors qu’un troupeau de moutons arrive dans la zone… mais repart aussitôt sous l’œil avisé des patous !

Un temps de discussions s’engage concernant nos réactions face au contexte de réchauffement climatique. La prise de conscience de l’impasse dans laquelle nous sommes est-elle paralysante ou peut-elle encourager les actions ?

Repas Dal riz lentilles légumes, même menu qu’au refuge 2 jours plus tôt ! mais complété d’un bon apéro !

Jour 4 :

Le lever est matinal et sous de beaux premiers rayons du soleil. Nous partons rejoindre le pied du glacier du Marinet… ce qu’il en reste, situé sous le couloir Neyrot, renommé par la troupe “Couloir Vincent” en référence d’une difficile ascension. Malgré sa taille modeste, le glacier est toujours là et c’est donc l’occasion pour Lucas de nous partager plus d’éléments sur le fonctionnement des glaciers blancs et leur recul à cause du réchauffement climatique, avec photo d’époque à l’appui pour bien voir la différence.

Nous profitons encore des lieux jusqu’à la pause repas et à la sieste, avant de redescendre jusqu’au hameau de Maljasset où nous rejoignons le gite-refuge du club alpin pour déguster quelques bonnes bières (comme la Sauvage brassée non loin de là) et glaces ou encore goûter la tomme du Chambeyron

La soirée se conclut par un spectacle de magie.

Jour 5 :

Dernier jour de notre trek, nous allons découvrir le Plan de Parouart, curiosité géologique dû à la présence d’un lac formé à cause de l’effondrement des montagnes alentours, qui s’est depuis comblé même s’il y subsiste une grande zone humide et une végétation singulière. Nous poursuivons ensuite en direction d’une zone exploité autrefois pour son marbre… Il faudra revenir pour mieux voir.

Sur le retour, Lucas nous invite à réfléchir aux façons d’agir de manière concrète pour faire face au réchauffement climatique et réduire son empreinte carbone.

C’est déjà l’heure du départ et nous reprenons les voitures et le chemin de la civilisation.

La prochaine fois, on viendra en bus ?

NB : sinon pour venir à vélo, prendre le train jusqu’à la gare de Guillestre et il y a juste le Col de Vars à monter et descendre ou presque…

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